Prologue
-Je ne sais vraiment pas par où commencer! Dit l'homme d'une voix tremblante.
-Vous pourriez peut-être commencer par décliner votre identité, et peut-être continuer par se que vous vous rappelez, dit l'homme assis devant lui.
-Mon nom est Marc Scaillet, je vis à Rosée avec ma femme et mes trois filles, je suis chauffeur de bus et jusqu'il y a une semaine, ma vie était tranquille.
Un autre homme entra, chuchota quelque chose à l'oreille du commissaire et quitta la pièce.
-Je vais devoir m'absenter, rester ici et essayer de vous souvenir exactement de ce qui s'est passé. Sur ce il se leva, regarda Marc dans les yeux et sortit.
La pièce était sobre, le seul mobilier qui y trônait était une table et trois chaises, les murs étaient décrépits, le seul bruit que l'on entendait était celui de pas dans le couloir, de temps en temps des voix sourdes brisaient le silence et une caméra était fixée dans un des coins. Marc regardait le voyant rouge clignoter, tout doucement son corps se relaxais et il se mit à penser au fait que lui aussi voulait mettre une caméra devant sa maison, mais sa femme trouvait que c'étais une perte d'argent, et à la place ils achetèrent un nouveau bureau à sophie l'ainée de ses filles. Il sourit en repensant au temps qu'il lui avait fallu pour l'assembler, mais pourquoi pensait il à sa, son esprit se protégeait il de la sorte, l'empêchait il délibérément de penser à se qui venait de se passer, qu'avait il fait, était ce si horrible?
-Allé Marc concentre toi, que c'est il passé? se dit il, et la il se raidit, voila je me souviens cria t'il, tout a commencé par un coup de téléphone!
Le commissaire rentra, il tenait deux tasses de café, les pausa sur la table, en renversa un peu et dit :
-buvez, vous en aurai besoin, la nuit risque d'être longue, je vous écoute!
Premier jour.
Marc bu une longue gorgée, le café était infect mais au moins il était chaud, il prit une grande respiration et dit :
-voila je me souviens, la semaine dernière je travaillais quand le téléphone sonna, c'étais ma femme tout en panique qui me disait que l'aînée de mes filles, Sophie, n'était pas encore rentrée de l'école et qu'elle était folle d'inquiétude car elle était toujours à l'heure. Dans un premier temps, je lui dis de ne pas paniquer, d'attendre encore un peu et de me rappeler pour me dire quoi, mais après qu'elle ait raccroché, une étrange sensation m'envahit et je me fis remplacer afin de pouvoir rentrer et voir ce qu'il en était.
En rentrant je n'eus pas le temps d'ouvrir la porte que ma femme, en larme, se jeta sur moi en hurlant qu'elle n'était pas encore revenue et qu'elle ne savait plus quoi faire.
-J'ai sonné partout, à l'école, chez ses amies, a l'hôpital, elle n'était même pas dans le bus d'après ses copines, qu'allons nous faire?, me cria t'elle.
Ses yeux étaient gonflés, elle ne s'arrêtait de crier que pour renifler, derrière elle, blotties l'une contre l'autre se tenaient mes deux autres filles, elles me fixaient comme si leur sort dépendait de se que j'allais dire.
-Bon il doit quand même y avoir une explication logique, peut être a t'elle raté le bus, elle revient peut-être à pieds! Mais qui essayais-je de convaincre, la dure réalité était la, ma fille de 12 ans était introuvable, et déjà toute une série de noirs dessins se développaient dans ma tête.
- On n’a pas le choix, il faut appeler la police, dépêche toi, sonne leur! Dis je à ma femme, moi je vais refaire le parcourt du bus, on ne sait jamais!
En me rendant vers la voiture, je me sentais impuissant, ma fille devait être la quelque part et je n'étais pas près d'elle pour la protéger. On essaye par tous les moyens de les protéger, de les enfermer dans un cocon à l’abri, au chaud, mais quand l'impensable arrive, on se sent impuissant et inutile.
En roulant dans le noir, chaque ombre me faisait espérer, mais après avoir refait le parcourt du bus plusieurs fois, je du me rendre à l'idée qu'elle n'était pas la!
Ma femme avait avertit tout le monde, quand je revins à la maison, non seulement la police était la, mais les voisins aussi et ils y allaient de leurs suppositions :
-Par les temps qui courent, on a du l'enlever, pensez vous une jeune fille seule,...
Ma femme s'entretenait avec un policier, elle tenait les deux petites contre elle, comme si elle se devait de protéger les deux restantes, et entre deux pleurs elle racontait ce que devais être une journée ordinaire dans la vie de Sophie :
-Elle se lève vers sept heure, se prépare et prends le bus pour florennes sur la place à sept heure quarante cinq; elle passe la journée à l'école et puis reprends le bus pour revenir a seize heure vingt six et généralement elle est à la maison vers seize heure quarante six.
Le policier qui notait lui demanda si elle prenait le bus seule ou avec ses sœurs.
-Non répondit elle, ses sœurs vont encore à la petite école ici au village, mais elle prend le bus avec des copines qui sont dans la même classe qu'elle! Elle se remit à pleurer et serra les petites de peur qu'elles s'en aillent. Je ne l'avais jamais vu dans un tel état, c'est comme si elle avait pris dix ans en une seconde. Elle s'appelait Leila, d'origine Marocaine elle était née à Namur, mais avais toujours gardé ce sans chaud des gens du sud, tout était amplifié, la joie comme la tristesse; je l'avais rencontrée dix-huit ans plus tôt et depuis on ne s’était plus quitté. Les familles avaient d'abord boudées cette relation mixte mais nous nous sommes accrochés et après la naissance de Sophie tout rentra dans l'ordre.
-Il fait si noir, cria t'elle, où est ma petite fille? Et elle pleura de plus belle. Le policier se tourna vers moi, mais je ne fis rien, c'est vrai qu'il faisait noir, qu'allions nous faire?
Je pris les petites des bras de Leila, et tout le monde rentra; les voisins allaient être déçu, mais le spectacle prenait fin pour eux. Avant d'affronter le policier, il fallait que je mette les filles au lit, il était tard, et même si elles étaient inquiètes, le marchand de sable était passé et leurs yeux se fermaient de plus en plus. La plus jeune s'appelait Anaïs, elle avait six ans et de grands yeux amandes, elle était espiègle et sauvage. La deuxième s'appelait charlotte, elle était tout le contraire de sa sœur, amitieuse et câline sa beauté n'avais d'égard que sa fragilité, du haut de ses dix ans elle avait tout compris, silencieusement elle monta les escaliers, et d'une vois fébrile me demanda : "on peut dormir ensemble papa?", elle prit Anaïs et la coucha près d'elle dans le lit.
-Elle va revenir? Me demanda t'elle, oui lui dis-je, je ferai tout pour qu'elle revienne.
-Laisse la porte ouverte dit Anaïs
En redescendant les escaliers, j'entendis la sonnerie du téléphone, je me précipitai mais Leila avait déjà décroché et en entendant parler marocain, je sus que se n'étais pas le coup de fil réparateur que j'attendais.
-Qu'allons nous faire maintenant?
Le policier qui s'était tu jusqu'à présent me regarda et dis :
-Toutes les équipes cherchent votre fille, Child focus a été prévenu et émet des affiches avec sa photo en se moment même, déplus les télévisions nationales transmettent des avis de recherche à la population toute les trente minute.
Depuis la terrible affaire Julie et Mélissa, et toutes les erreurs qui en ont découlées, la police était bien mieux préparée qu'avant et prenait ce genre de disparition beaucoup plus au sérieux. Cela devait il me rassurer, je ne crois pas, tout me passait par la tête, enlèvement, pédophilie, tueur solitaire ayant saisi une opportunité, accident ayant mal tourné. Dans ces cas la on ne pense qu'au pire, mais secrètement j'espérais encore que tout cela n'était qu'un énorme malentendu et que dans quelques heures on en rigolerait.
Nous étions venu nous installer à la campagne justement pour éviter ce genre d'ennuis, on voulait une vie saine pour les enfants avec les petites écoles de village et leur système familial, comme je disais, nos enfants étaient élevés dans un cocon douillet, mais était ce vraiment une erreur, le devoir de tout parent n'était il pas de protéger ses enfants des horreurs du monde extérieur!
-Donc si j'ai bien compris, on ne peut qu'attendre, il n'y a rien qu'on ne puisse faire?
-Non répondit le policier, tout est en œuvre, il ne vous reste qu'à attendre et espérer, d'ailleurs j'ai toutes les informations qu'il me faut, je vais aller rejoindre mes collègues. Il se leva, se dirigea vers la porte, l'ouvris, se retourna et dis :
-Ne vous en faîtes pas, nous faisons tout ce qui est humainement possible, et partit.
Humainement possible, me dis je, mais qu'est ce que cela veut dire, que des martiens feraient mieux, quelle phrase idiote.
Il était deux heures du matin ce mardi douze janvier 2011, et ma fille avait disparue depuis dix heures!