SEURRE, SES ORIGINES ET SON HISTOIRE
ORIGINES
Il semblerait que Seurre soit occupée dès l’ère néolithique (de 6000 à 2500 av J.C.). Pendant la période gallo-romaine, elle y est désignée sous le nom de Sarrugium : ce mot est formé à partir du nom celte de la Saône (Arr). La conquête romaine impose le latin et au cours des siècles pendant lesquels s’élabore la langue française, le nom de Sarrugium évolue comme le langage. Il mue de Sarrugium en Saurra (1208), Saurr, Saurre (1ère charte de 1245), Sahure (charte de 1278), Seur, pour trouver sa forme définitive Seurre vers le VIème siècle.
La rivière qui borde la ville joue un grand rôle dans sa vie économique et politique. Elle s’appelle Arar au temps de César. Les romains l’appellent Saguna en 630, mot qui supplante le nom celte. Du latin de l’Empire au français contemporain, le mot Saguna apparaît sous diverses formes : Sagona en 653, Sauna en 1218, Saona en 1227, avant de se fixer en celle de Saône que connaissent bien les Seurrois.
DES ORIGINES AU MOYEN-AGE
César fait camper son armée à Seurre, au moment d’une sortie des Helvètes avant de rejoindre les premières troupes en Saintonge.
Ceux-ci subissent une défaite et après avoir passé la rivière, se réfugient dans le bois Guildée qui prend le nom de « retire des Deffaits ». Dans la plaine rive droite de la Saône, subsistent quelques lieux boisés, restes du bois du Deffant ou Deffoy. Après cet exploit, César retire ses légions et fait raser la cité. Mais reconnaissant l’importance de la situation, il y établit un camp pour la commander.
La région connait au Vème siècle les invasions de tribus germaniques, dont celle des Burgondes qui s’y installent.
DE 1245 A LA FRONDE
Les origines de la ville se confondent avec l’ancienne place forte de Saint-Georges qui appartient à une des branches de la puissante maison de Vienne en Dauphiné.
Il est vraisemblable que Seurre, alors appelée Sahure, n’est longtemps qu’une petite bourgade tournée essentiellement vers le fleuve, et qu’elle ne prend son véritable essor qu’à partir du Xème, voire du XIème siècle, quand les habitants de Saint-Georges viennent se réfugier dans le château construit par les sires de Vienne.
En 1245, Hugues d’Antigny, seigneur de Vienne, sire de Saint Georges, octroie à la ville sa première charte de franchise. Par ce titre, il octroie l’inviolabilité des bourgeois et règle les successions, la possession de biens, l’élection du maïeur, sa justice seigneuriale, les cens et redevances des maisons, l’ost et la chevauchée, la vente des denrées, son autorité sur les bourgeois avec défense de prétendre au-delà de telles concessions.
Hugues de Vienne, Sire de Pagny, possède Seurre en franc-alleu et en 1266 il prend du duc Hugues IV château, ville et dépendances. En 1278, Philippe de Vienne, son fils aîné, reconnut tenir en fief lige du duc Robert II la ville de Seurre et ses dépendances. Seurre est affranchie la même année. L’appréhension de la voir violée par les seigneurs y fait insérer des clauses d’une infinie précaution. Précédemment en butte aux oppressions d’un régime despotique, les populations affranchies, pour rendre le contrat irrévocable, profitant de la pénurie de leurs seigneurs ruinés par les croisades achètent leurs nouveaux droits et privilèges à prix d’argent. La charte coûte 4 000 livres viennoises, somme considérable pour le temps.
Cette charte est solennellement octroyée et jurée en présence de tous les habitants en l’église paroissiale de Seurre. Le Sire Philippe de Vienne, assisté de sa famille, s’y rend avec un cortège important dans lequel figurent en première ligne le duc de Bourgogne, son suzerain, et l’archevêque de Besançon qui compte Seurre parmi les villes de son diocèse. Après le service divin, la charte est lue à haute voix par le bailli en présence du maire et des échevins ; la lecture faite, le sire de Vienne jure sur les Saints Evangiles d’observer fidèlement les choses contenues audit instrument, obligeant lui et ses hoirs à la renonciation formelle de toute contestation pour cause de déception, de lésion, d’erreur et d’ignorance de droit. Robert, duc de Bourgogne et Hughes, archevêque de Besançon, se rendent garants de ce serment et concèdent, en outre, aux gens de Seurre, le droit de voyager librement dans leurs Etats, d’y séjourner sans y être inquiétés, les prenant à l’avenir sous leur protection spéciale. La pancarte est ensuite revêtue des sceaux en cire de Philippe de Vienne, du duc, de l’archevêque, d’Alix de Villars, de l’illustre maison de Thoire, dame de Pouilly sur Saône et mère du sire, d’Agnès de Bourgogne, épouse de Philippe de Vienne et de Huguenin, leur fils aîné.
Guillaume de Vienne, seigneur de Saint-Georges et de Seurre, confirme les privilèges accordés aux habitants de Seurre en 1341: exemption des droits de péage du pont et du passage sur la Saône ainsi que du péage de Pouilly. La terre reste dans la maison de Vienne jusqu’au XVe siècle, quand Marguerite de Vienne, sœur de Guillaume V la porte par mariage à Rodolphe, marquis d’Hochberg.
Seurre s’entoure alors de fortifications. Elles se composent de murs très épais en briques, avec bastions, plates-formes, des fossés profonds et autres travaux de défense, excepté du côté de la Saône qui forme une défense naturelle. Avec le château dans lequel plus de vingt villages ont droit de retrait, Seurre devient une véritable place forte.
En 1363, Jean le Bon remet la Bourgogne en apanage à Philippe le Hardi, il s’agit de la rive droite de la Saône, côté Beaune et Dijon. A cette terre, le premier des grands ducs d’Occident adjoint l’autre rive de la Saône, côté Besançon, Dole, Salins, Pontarlier, c’est à dire la Comté de Bourgogne que l’on appellera la Franche-Comté. Seurre n’est plus ville frontière. Néanmoins sa situation lui occasionne bien des vicissitudes. La croissance et l’éclat de la puissance qui s’étend au nord, à l’est du royaume de France ne peut pas laisser les rois de France indifférents. D’autant moins que les Bourguignons s’allient aux Anglais, et qu’ils cernent dangereusement le Centre et le sud-est du pays par leurs liens avec les ducs de Savoie et le Roi René retiré en Provence.
L’ambition de Charles le Téméraire met le feu aux poudres. Tandis qu’il cherche à unir ses provinces flamandes à celles de la Bourgogne, il se laisse entraîner dans une lutte avec les Allemands et les Suisses, ce dont Louis XI profite pour brouiller les cartes de chacun à son propre bénéfice. Seurre est brûlée et ravagée une première fois en 1473. Charles le Téméraire, battu près de Neufchâtel, meurt en 1477, après sa mort, Guillaume de Vaudrey appelé par Marie de Bourgogne, vient occuper la place pour défendre le duché menacé par Louis XI. Mais Charles d’Amboise force les défenses de Seurre qui est incendiée et dévastée. En 1479, la ville ne comprend plus que quarante feux.
Philippe de Hochberg renforce les fortifications et dote la ville d’une artillerie qui reste en place jusqu’en 1513. La paix demeure en France jusqu’au moment où Charles, petit-fils de Marie de Bourgogne et de l’empereur Maximilien d’Autriche, ait réuni sous son sceptre les anciennes possessions d’Autriche, les Flandres, l’Artois, l’Espagne et des terres en apanage en Italie. Les Français qui ont guerroyé en Italie se retrouvent face aux impériaux et à leurs alliés, en France même ou près des frontières. En 1513, Seurre prête son artillerie dans la ville des Etats pour aider à sa défense ; quand, en 1525, le bâtard Olivier de Hochberg en réclame le retour, Dijon résiste à sa demande. En 1525, battu et fait prisonnier de Charles Quint à Pavie, François 1er est emmené en Espagne où il signe le traité de Madrid en 1526. Il abandonne la Bourgogne qu’il reconquiert ensuite, non sans dommage pour les pays où passent les armées. Seurre est du nombre.
François 1er l’honore de sa visite lorsqu’il vient visiter les frontières. Il ordonne la restauration des fortifications : au levant, la grande terrasse, quatre boulevards aux quatre coins, et deux plates-formes, le bastion du Roy et celui de Longueville. Le Roi fait placer des canons, force arquebuses et un orgue de guerre, pièce de quarante-huit calibres à quatre rangs. Pour aider à la défense de la ville, il y établit une garnison.
Quand en 1536 l’ennemi vient assiéger la ville, son général Lannoy, reconnaissant que la ville ne peut se prendre que difficilement, n’insiste pas. Mais en 1543, de nouveau assiégée par les Impériaux, Seurre est prise. L’église incendiée, flambe en partie. Pour remettre les fortifications en état et en élever d’autres le duc de Guise, sous Henri II, détruit les restes du château Saint-Georges, la chapelle et le couvent des Augustins noirs. Les années passent, la maison d’Autriche inquiète toujours. A l’invitation de Chabot-Charny, seigneur de Pagny et gouverneur de Bourgogne, Charles IX vient visiter la place de Seurre.
La succession d’Henri III provoque une recrudescence de terreur et de misères à Seurre même. Le parti catholique, les Guise en tête, ne veulent pas d’un roi protestant. Le seigneur de Seurre, Jacques de Nemours et Charles Emmanuel, son fils, sont du parti catholique, du côté des Ligueurs. La ville est légitimiste. Un capitaine italien, Guillermi, au service des Guise investit la ville et fait mettre à mort les partisans d’Henri de Béarn, futur Henri IV. Ce mercenaire terrorise la population, s’empare des deniers publics, parvient à chasser le commandant de la place. Parti de Saint-Jean-de-Losne par bateau, avec trois cents hommes, Vaugrenant, huguenot, cherche à délivrer la ville. En vain. Le gouverneur de Saint Jean-de-Losne essaie à son tour. Nouvel échec. Lui et tous ses gens sont massacrés. Finalement, un lieutenant de Guillermi, le capitaine Tresnard est pris et jugé à Dijon. On le décapite pour intelligence avec l’ennemi. Le 5 février 1595, c’est au tour de Guillermi d’être assassiné. Un bourgeois nommé Monnet le tue à Beaune au cours d’un banquet.
Seurre n’est pas délivrée pour autant. La Perle, autre mercenaire de Guillermi la tenait. Il tue d’un coup d’arquebuse le maire Morandet, et, après lui, sur la place de l’Hôtel de Ville, quinze bourgeois et l’échevin Philibert de Pontoux, soupçonnés de vouloir ouvrir la ville aux troupes du Béarnais. Lorsque Henri IV fut proclamé roi de France en 1596, La Perle capitule. Le roi nomme pour la place de Seurre un mercenaire Italien, Jérôme Roussi, dit « Capitaine La Fortune ». Celui-ci passe au service de Mayenne, ligueur et la terreur règne sur Seurre pendant deux autres années. La Fortune pille, rançonne, brûle, menace jusque sous les murs de Beaune et Dijon. Les élus de Bourgogne pensent à ériger des forts à Chamblanc et à Saint-Georges, mais ils jugent moins onéreux de négocier la soumission du reître. Ce qu’ils font pour la somme de 50 000 écus. La Fortune doit les recevoir à Besançon. En fait, faute d’avoir respecté les conditions convenues, le pilleur ne reçoit rien. La Fortune ne se soumet au roi qu’en 1598 après les traités de paix qu’Henri IV signe avec le duc de Mayenne et les Espagnols. Il laisse Seurre, dernier bastion de la Ligue, exsangue, dépeuplée par la peste de 1596 et par la famine.
La libération de Seurre est encore fêtée jusqu’à la Révolution par une procession commémorative appelée « procession de La Fortune ».
La paix retrouvée, Henri IV installe une garnison dans la place et se réserve la nomination du commandant. Le premier est Robert de Montbel, seigneur de Chaperon. Un homme affable et juste, rempli de prudence. Il s’emploie à régénérer la ville, à y ramener la prospérité. Il ne peut empêcher la peste de sévir, ni à sa suite, la famine.
Le 14 juin 1609, les Seurrois sont tout excités : la seigneurie est élevée en marquisat au bénéfice du nouveau propriétaire du château. Henri IV éloigne de lui ce personnage qui arrive aux bords de la Saône avec la réputation d’être fort aimé des dames. Ce nouveau châtelain qui aurait été l’amant de Gabrielle d’Estrées, avant de la faire connaître au roi. Roger de Saint-Lary de Bellegarde, qui possède la seigneurie de Seurre la fait ériger en marquisat en 1611, puis duché en 1619, s’empresse de témoigner ses faveurs à la ville considérée par lui comme un fief. Et d’abord il lui impose son nom. Seurre s’appelle Bellegarde. Les magistrats municipaux, objets de tracasseries incessantes, lésés dans leurs prérogatives et leurs droits, ont à en démêler avec la justice du duc.
La lutte contre la maison d’Autriche ne désempare pas. Le roi y contribue par des subsides aux ennemis de l’empereur ; par des garnisons en des places stratégiques. En 1636, les Impériaux font une incursion terrible en Bourgogne ; ils incendient et pillent, évidemment la ville de Seurre est en émoi. Le Gouverneur de la place, La Motte, part avec cent mousquetaires au secours de Saint-Jean-de-Losne qu’assiège Gallas. Ils prennent une part active à la bataille du bastion Saint-Jean. Tenu en échec, l’ennemi s’éloigne. Le maire de Seurre, Antoine Bretagne, fait néanmoins restaurer les fortifications et les ouvrages de défense. Si l’ennemi revient, ne cherchera-t-il pas à mettre le siège devant cette petite ville frontière ? Le Congrès de Westphalie (le traité du même nom) le 24 octobre 1648 a un heureux effet sur la ville. Désormais la Comté de Bourgogne ou Franche-Comté formera un état « tampon » entre les Suisses et la France. Avant que ne soit signée la paix, Seurre loge les ambassadeurs suisses de Berne, Fribourg et Soleure venus offrir leur médiation au prince de Condé.
Le duc de Bellegarde, qui s’est fait complice des intrigues de Gaston d’Orléans, envisage en cas d’insuccès d’accueillir à Seurre le frère du roi. Le complot échoue et le duc est condamné à mort : la ville reprend son nom et le duché s’éteint.
La princesse de Condé, mère du Grand Condé, achète le château de Seurre à la mort du duc de Bellegarde, en 1646, avec l’approbation du prince. Condé verra-t-il la ville prospérer et se réjouir de son nouveau châtelain ? Bien au contraire, c’est en Bourgogne que s’achève la Fronde des princes dont Condé, prince de sang est un des personnages les plus actifs. Du Havre où il est détenu avec son beau-frère Henri II de Longueville, Condé cherche à gagner à la cause des princes les places demeurées fidèles au roi. C’est ainsi que Roger de Saint-Micault vient occuper Seurre. La ville envoie une députation secrète au Parlement de Dijon le priant de lui envoyer un commissaire royaliste ; la garnison ne compte que cinquante hommes faciles à expulser. Le Parlement refuse de se compromettre, malgré la proposition du conseiller Maillard qui revendique l’honneur de cette mission. Le Parlement demeure ferme. Il ne reçoit aucun ordre royal ni même aucune déclaration contre Condé.
Seurre est investie par Saint-Micault, le comte de Saulx-Tavannes et d’autres encore. La ville est désarmée, les deniers du roi ramassés. Bientôt Seurre se trouva la seule place de Bourgogne au pouvoir du prince. Toutes les autres villes font leur soumission au roi. Pour réduire la rebelle, occupée par une foule de gentilshommes qui préparent la lutte, le cardinal Mazarin décide de venir lui-même en Bourgogne avec le roi Louis XIV, encore enfant. Le duc de Vendôme est chargé de porter le siège devant Seurre.
Louis XIV prend en personne possession de la place, le 20 avril 1653, accompagné de la reine et du cardinal Mazarin. Il fait son entrée dans la ville avec son régiment des gardes. Le maire, Jean Trullard et le comte de Saulx-Tavannes lui présentent les clés. Les habitants font preuve de dévouement et de fidélité. Mais le jeune âge du souverain, Louis a douze ans, contribue beaucoup à retourner la situation. Seurre accueille le comte de Roncherolles, son nouveau gouverneur, avec l’espoir de connaître la paix. C’est méconnaître son châtelain. Condé humilié échange le gouvernement de Bourgogne contre celui de Guyenne. Le marquis de Boutteville occupe le château de Seurre en son nom. Il sert les intérêts de son prince, certes, mais au grand dam de la ville, des bourgs et des châteaux environnants. Boutteville pille, dévaste, lève des contributions ; il n’épargne ni les établissements publics ni les magistrats de Seurre qu’il maltraite. Quelques gentilshommes s’associent à ce brigandage, notamment Latour-Ferville, Chintré, Longepierre. Le cardinal Mazarin envoie des troupes au duc d’Epernon, gouverneur de Bourgogne pour qu’il assiège Seurre et mette fin aux exactions des grands.
Le 9 mai 1653, le duc d’Epernon accompagné du marquis d’Uxelles se présente devant Seurre. Il a 4 000 hommes de pied, 600 chevaux et une bonne artillerie. Il juge inutile de faire creuser une circonvallation à l’entour de la ville, car nul ne viendra à son secours. Les eaux sont basses, la plaine de Saône au nord apparait dégagée : les bastions de ce côté ne sont toujours pas réparés depuis le dernier siège. Le duc d’Epernon fait faire une tranchée pour la ville de ce côté, précisément vers le bastion de Guise.
La prise de Seurre met fin à la Fronde en Bourgogne. Condé se retire à Stenay (Belgique) avec sa sœur Longueville et Turenne.
Louis XIV ordonne la destruction des fortifications. La ville et son maire Hutet acquièrent leurs emplacements et les matériaux de démolition pour la somme de 6 000 livres le 28 septembre 1658.
Seurre perd son rôle de petite ville militaire mais y gagne plus de tranquillité. Lorsque la Franche-Comté devient Française, en 1678, la ville cesse de se trouver aux frontières. Elle voit prospérer le commerce du chanvre, la manufacture de toiles de ménage, de cordages pour la navigation. Le commerce du bois et des briques se développe.
A la fin de 1658, Louis XIV tient un lit de justice en Bourgogne. Le 5 novembre, il vient jusqu’à Seurre pour s’assurer de la démolition des fortifications. En raison des malheurs dont la ville a pâti pour sa fidélité, le roi octroie 10 000 livres pour fonder l’hôtel Dieu, et bâtir une maison de ville. L’hôpital a été incendié. C’est en fait une maison que les châtelains ont mises à la disposition des Clarisses à charge pour elles d’y soigner les malades et les blessés. Or, furieux d’avoir été tenu en échec à Seurre, Condé reprend son terrain, les ruines qui l’encombrent et le rectorat du couvent, sa propriété. Il donne le tout aux Ursulines, religieuses enseignantes. La ville n’a plus d’hôpital. Sans la libéralité du roi, comment peut-elle faire face à la nécessité d’en assurer les frais ?
En 1683, les déplacements du roi le ramènent en Bourgogne. Il séjourne à Seurre du 8 au 10 juin avec la Reine et le Dauphin, avec Monsieur, duc d’Orléans et la duchesse d’Orléans, avec le duc d’Enghien (dernier de la dynastie des Condé), Louvois et sa suite ordinaire. Sa majesté revient en août visiter le camp de cavalerie. « Le roi déploie lors des revues qu’il fait des troupes, dans l’une des plus belles prairies de ses Etats, une pompe et une magnificence exceptionnelles ».
Déclarée ville ouverte, Seurre ne souffre plus de faits de guerre ni de révoltes jusqu’à la Révolution. Mais la ville a à se plaindre des usurpations de son châtelain. En effet, Jacques Batailhe de Francèze, dernier seigneur de Seurre, comprend dans le dénombrement de ses terres les fossés cavaliers, d’anciens murs de la ville et le terrain du champ de foire, au mépris de l’achat qu’en fait la ville. Il y comprend également le bois du Deffait, 160 arpents, propriété de la ville depuis un temps immémorial. Il fait confirmer ses possessions par un arrêté royal en date du 25 avril 1774, que le Parlement de Dijon enregistre. Cela constitue un vrai déni de justice, quant aux droits de la ville.
LA REVOLUTION FRANÇAISE
La Révolution entraîne dans la ville son cortège de maux et de violences. La ville retrouve ses droits et libertés. Nobles et religieux sont dépossédés et chassés. Les religieuses soignantes quittent l’hôpital, les prêtres et religieuses enseignantes quittent les maisons d’éducation et d’enseignement où ils élèvent et instruisent les enfants. L’église et la chapelle des Capucins sont transformées en greniers à fourrage, en écuries. A l’église la « toucheuse d’orgues » accompagne le « ça ira » des révolutionnaires, tandis que, de la chaire, un quidam harangue le peuple entré comme pour une fête. La rue royale, débaptisée devient rue de la République. Déclarés biens nationaux, les biens du châtelain sont vendus. Les habitants brûlent sur la place de l’hôtel de ville la grande charte de 1278 signe tangible de ce qu’ils revendiquent, à savoir les libertés des citoyens.
LA PERIODE NAPOLEONIENNE
Pour continuer le récit des événements militaires qui affectent la ville, la dernière guerre napoléonienne. En 1815, pour achever d’écraser l’empereur, des colonnes de cosaques et d’Autrichiens vont en Champagne en passant par la Bourgogne. Seurre nourrit 45 000 hommes et 20 000 chevaux, donne 148 000 francs à titre de réquisitions. Les troupes la traversent deux fois.
SEURRE CONNAIT ENCORE TROIS GUERRES SUR SON TERRITOIRE
En 1870, les Français coupent des ponts pour retarder l’avance des allemands. Des troupes en déroute s’arrêtent à Seurre. On aménage des salles de l’hôpital à la hâte pour recevoir les hommes épuisés et blessés. On crée des ambulances ou postes de secours pour suppléer l’hôpital. C’est ainsi que les sœurs de l’Espérance reçoivent les varioleux. Sur 200 hommes malades ou blessés, 41 sont morts à Seurre et sont enterrés au cimetière de la ville. Le 20 novembre 1870, des éclaireurs prussiens aux ordres du général Werder entrent à Seurre. Ils emmènent à titre de prisonniers, quelques militaires convalescents. Du 10 au 20 février 1871, la ville est occupée, ce qui lui coûte 231 000 francs. D’autre part, les Allemands ont réquisitionné une salle de l’hôpital pour y soigner leurs blessés.
Au cours de la première guerre mondiale, 82 Seurrois meurent sur les champs de bataille ou à l’arrière. L’hôpital est affecté au service des blessés pendant toute la durée des hostilités. D’autre part, 30 réfugiés séjournent à Seurre jusqu’à la fin de la guerre. La ville organise leur accueil et leur réconfort.
Seurre retrouve sa tradition de ville frontière au cours de la dernière guerre. Lorsque l’envahisseur allemand occupe le territoire et le divise en zone interdite, zone occupée et zone libre. La douane ferroviaire entre les zones libre et occupée se trouve à la gare de Seurre (ligne Paris-Rome) et la douane routière (Besançon-Chalon-sur-Saône) à Navilly à l’entrée du pont, du côté de la Villeneuve. La zone interdite est toute proche. Arbois, vieux sol comtois s’y trouve incluse.
LES SEIGNEURS DE SEURRE
Des familles de grand renom se succèdent dans les châteaux de Saint-Georges et de Seurre marquant de leur influence la vie communale.
LES SIRES DE VIENNE
Quelques mots sur la grande et puissante maison de Vienne qui occupe un rôle si important dans les origines de Seurre. Cette noble famille est une branche cadette des comtes de Bourgogne, issue d’Albéric de Narbonne. Elle vient s’établir par alliance dans le duché de Bourgogne. Pagny y est son berceau ; c’est le premier manoir des sires de Vienne. Philippe, seigneur d’Antigny, de Pagny et de Sainte Croix, qui vit au XIIème siècle, est inhumé dans l’abbaye de Cîteaux. Son petit fils, Hugues II octroie aux habitants de Seurre l’affranchissement de 1245. Hugues III, fils de ce dernier épouse Alix de Thoire et de Villars, dame de Pouilly sur Saône, et fille de Béatrix de Bourgogne. Les enfants mâles issus de ce mariage forment des branches collatérales très puissantes. Seurre est redevable à l’aîné, Philippe II, de ses franchises municipales. Cet illustre personnage meurt en 1312 et est aussi inhumé dans l’église de Cîteaux, où l’on remarque son tombeau avant la Révolution. Il épouse Agnès de Bourgogne, fille de Huguenin, comte palatin de Bourgogne et d’Alix de Méranie.
En 1344, Guillaume V le Sage, fait avec Seurre un traité touchant l’exécution des privilèges et immunités de cette ville. Il est beau-père du marquis de Hochberg, qui possède du chef de sa femme, Marguerite de Vienne, la seigneurie de Seurre et de Saint-Georges. C’est le terme de la domination seigneuriale des sires de Vienne sur la ville de Seurre.
LA FAMILLE DE HOCHBERG
Branche aînée de la Maison de Zahringen, margraviale de Bade, qui tire son nom du château de Hochberg, ou Hachberg, près de Fribourg-en-Brissau. Elle s’éteint en 1418. Son héritage passe à la branche Sausenberg, qui s’appela Hochberg-Sausenberg et s’éteint à son tour en 1503 avec le comte Philippe.
Par le mariage de Rodolphe de Hochberg, seigneur de Neufchâtel en Suisse, avec Marguerite de Vienne, dernière descendante des sires de Vienne. Son mari meurt en 1486.
MAISON DE LONGUEVILLE
Branche de la Maison de France, issue de Jean d’Orléans, comte de Dunois et de Longueville, fils naturel de Louis 1er, duc d’Orléans.
Son petit-fils François 1er (1470-1512) est nommé duc de Longueville en 1505.
Léonor (1540 – Blois 1573), duc de Longueville (1151) et d’Estouteville (1563) est fait prince de sang en 1571.
Henri 1er (1568 – Doullens 1595), fils du précédent, est gouverneur de Picardie. Il épouse Catherine de Gonzague, fille de Louis, duc de Nevers, et bat les Ligueurs à Senlis (1582).
Henri II (1595 – Rouen 1663), fils du précédent, gouverneur de Picardie, puis de Normandie prend part à la conspiration de 1626 contre Richelieu, se distingue pendant la guerre de Trente Ans, est envoyé au congrès de Munster en 1645 et devient un ardent Frondeur. Il est emprisonné en 1650, avec Condé et Conti, sur l’ordre de Mazarin, puis se retire en Normandie. Il se marie en secondes noces (1642) avec Anne Geneviève de Bourbon.
LES ORLEANS-LONGUEVILLE
Par le mariage de Jeanne de Hochberg avec Louis d'Orléans Longueville, qui meurt en 1516.
La première maison (ORLEANS-VALOIS) a pour fondateur et unique membre Philippe 1er, fils du roi Philippe VI. Il est mort sans héritier en 1375.
La deuxième maison (ORLEANS-VALOIS) est représentée par Louis 1er, frère du roi Charles VI, mort en 1407, son fils Charles d’Orléans, le poète, mort en 1465, et son petit-fils Louis II, devenu en 1498, le roi Louis XII.
La troisième maison (ORLEANS-BOURBON) a pour chef et unique membre Gaston d’Orléans, frère du roi Louis XIII, mort en 1660.
La quatrième maison (ORLEANS-BOURBON) commence avec Philippe 1er, frère du roi Louis XIV, mort en 1701. Ses principaux membres sont Philippe II, le Régent, mort en 1723 ; Louis Philippe Joseph, dit Philippe Egalité, guillotiné en 1793 ; Louis-Philippe II, devient en 1830, le roi Louis-Philippe 1er. Le représentant actuel en est Henri d’Orléans, comte de Paris (né en 1933), fils aîné d’Henri d’Orléans, comte de Paris (1908-1999).
LA MAISON DE SAVOIE
Charlotte d'Orléans Longueville épouse, en 1528, Philippe de Savoie, duc de Nemours.
LA MAISON DE LORRAINE, PAR ALLIANCE ET PAR CONTRAT
Branche cadette des ducs de Lorraine, qui acquiert en 1504 le comté de Guise, en Thiérache, érige en duché en 1528. Les membres les plus importants de la première maison sont :
François 1er (Bar 1519 – Saint-Mesmin 1563). Il défend Metz contre Charles Quint et reprend Calais aux Anglais en 1558. Chargé de gouverner le royaume au nom de François II (1559-1560), il poursuit une politique de persécution du protestantisme. Chef des troupes catholiques au début des guerres de Religion, il est assassiné par un protestant.
Charles de Guise ou de Lorraine (Joinville 1524 – Avignon 1574). Frère du précédent, est archevêque de Reims en 1538 et cardinal en 1547.
Henri Ier, dit le Balafré (1549 – Blois 1588). Fils aîné de François. Il est un des instigateurs de la Saint-Barthélemy en 1572 et devient le chef de la Ligue, mouvement politique catholique en 1576. Très populaire, maître de Paris après la journée des Barricades le 12 mai 1588, il est assassiné sur l’ordre d’Henri III, aux états généraux de Blois.
Louis II, cardinal de Lorraine (Dampierre 1555 – Blois 1588). Frère d’Henri 1er, il est assassiné en même temps.
Anne d'Eu, veuve de François de Lorraine échange ses terres de Seurre avec Marie de Luxembourg, duchesse de Mercoeur, veuve de Philippe Emmanuel de Lorraine.
LA MAISON DE CONDE (1530 A 1814)
Branche de la maison de Bourbon.
Cette maison est issue de :
Louis 1er de Bourbon, 1er prince de Condé (Vendôme 1530 – Jarnac 1569) ; Fils de Charles de Bourbon, duc de Vendôme et frère d’Antoine de Bourbon. Défenseur des calvinistes et adversaire des Guises. Il fomente contre ces derniers la conjuration d’Amboise (1560). Après le massacre de Wassy (1562), il réunit des troupes calvinistes prit Orléans et déclenche ainsi les guerres de Religion au cours desquelles il est tué à Jarnac (1569).
Son fils, Henri 1er de Bourbon, 2ème prince de Condé (La Ferté sous Jouarre 1552 - Saint-Jean-d'Angély 1588) ; est reconnu après sa mort chef du parti protestant conjointement avec le roi de Navarre Henri III.
Henri II de Bourbon, 3ème prince de Condé (Saint-Jean d’Angely 1588 – Paris 1646) ; fils du précédent, dirige l’opposition des Grands sous la régence de Marie de Médicis qui le fait prisonnier (1616-1619) puis sert fidèlement Louis XIII qui lui donne le gouvernement de la Bourgogne (1631).
Charlotte de Montmorency, mère du grand Condé, achète les propriétés du duc de Bellegarde, à Seurre, puis Mademoiselle de Charolais les donne par testament au Comte de la Marche.
Louis II, dit le Grand Condé (Paris 1621 -Fontainebleau 1686) ; 4ème prince de Condé. Fils du précédent, il porte le titre de « duc d’Enghien » jusqu’à la mort de son père (1646). Gouverneur de Bourgogne (1638), il est distingué par Richelieu qui décèle son génie militaire et lui fait donner l’armée de Picardie. Le 19 mai 1643, il écrase à Rocroi les Espagnols et inaugure une série d’éclatantes victoires : celles de Fribourg (1644) et de Nördlingen (1645) remportées sur les Bavarois avec Turenne et celle décisive de Lens (1648) qui entraîne la capitulation de l’Empire et la conclusion des traités de Westphalie.
Pendant la Fronde, il sert d’abord Mazarin et fait le blocus de Paris contraignant ainsi les parlementaires à la paix de Rueil (1649). Puis il s’oppose à Mazarin qu’il prétend remplacer. Enfermé à Vincennes par Anne d’Autriche (1650) puis libéré (1651), il prend la tête de la Fronde des princes.
Battu dans le faubourg Saint-Antoine par Turenne (1652), il rentre cependant dans Paris grâce à la Grande Mademoiselle. Mais désavoué par la bourgeoisie, il s’enfuit aux Pays Bas et se met au service de l’Espagne. Condamné à mort pour trahison (1654), il fait sa soumission après les défaites d’Arras (1654) et des Dunes (1658) que lui inflige Turenne.
Rétabli dans ses titres et ses biens (traité des Pyrénées 1659), il reprend du service : il occupe la Franche-Comté (1668) pendant la guerre de Dévolution, bat Guillaume d’Orange à Senette (1674) et sauve l’Alsace des Impériaux (1675) pendant la guerre de Hollande. Retiré dans son château de Chantilly (1675), il se consacre au mécénat protégeant Molière, Racine, La Bruyère.
Henri Jules de Bourbon, 5ème prince de Condé (Paris 1648-Paris 1709) ; fils du précédent, il est lieutenant général (1673).
Louis III de Bourbon, 6ème prince de Condé (Paris 1668- Paris 1710) ; fils du précédent, il épouse Melle de Nantes. Fille de Louis XIV et de Mme de Montespan (1685) et est lieutenant général (1692).
Louis Henri de Bourbon, 7ème prince de Condé (Versailles 1692 – Chantilly 1740) ; fils du précédent, il porte le titre de “duc de Bourbon”. Premier ministre à la mort du Régent (1723), il s’aliène les privilégiés par ses projets fiscaux et les protestants victimes d’un édit de répression (1724). Il est disgracié par Louis XV au profit du cardinal de Fleury (1726).
Louis Joseph de Bourbon, 8ème prince de Condé (Paris 1736 - id 1818) ; fils du précédent. Lieutenant général (1758), il émigre après la prise de la Bastille, organise à Worms (1791) un corps d’émigrés (“l’armée de Condé”) avec lequel il prend part aux campagnes rhénanes (1792-1796) puis rentre à Paris en 1814.
Louis Henry Joseph de Bourbon, 9ème prince de Condé (Chantilly 1756 – Saint-Leu 1830) ; fils du précédent. Il sert dans l’armée de Condé et rentre à Paris en 1814. Découvert pendu dans son château de Saint-Leu, sa mort reste une énigme. Avec lui s’éteint la maison de Condé.
Louis Antoine Henri, dernier héritier des Condés, duc d’Enghien (Chantilly 1772 – Vincennes 1804) ; Prince de Condé, il émigre en 1789. Bonaparte le fait enlever en territoire allemand et transférer à Vincennes, où il est fusillé dans les fossés du château afin de briser tout espoir de restauration des Bourbons.
MAISON DE BELLEGARDE
Famille originaire de Saint-Lary en Haute-Garonne qui acquiert la terre de Bellegarde en Bourgogne en 1498 et qui joue quelque rôle dans l’histoire de la Savoie.
Jean III, seigneur de Saint-Lary, l’aîné, continue la branche dite des seigneurs de Saint-Lary et de Montblanc, meurt en 1574, après l’alliance aux maisons de Benque, de Béon, de Bize, de Comminges, de Goyrans, du Mont, de Montclar, d’Ornezan et de Saint Pastour.
Raimond de Saint-Lary, second fils de Jean II et de Jeanne de Béon, sa seconde femme, est auteur de la branche des Barons de Bellegarde, de Termes et de Montbar, meurt le 26 juillet 1646.
Cette branche produit un maréchal de France, créé le 6 septembre 1574, dans la personne de Roger de Saint-Lary, baron de Bellegarde, chevalier des ordres du roi, mort empoisonné au château de Saluces le 20 décembre 1579, puis gouverneur de Saintonge, d’Angoumois, du pays d’Aunis et de la Rochelle, et capitaine de 50 hommes d’armes des ordonnances, tué à Coutras, en 1587.
Octave de Saint-Lary-Bellegarde, son fils posthume, est nommé évêque de Couserans en 1614, puis archevêque de Sens en 1623, et meurt le 26 juillet 1646, le dernier de sa branche.
Le maréchal de Bellegarde a un frère puîné nommé, Jean de Saint-Lary, seigneur de Termes, lequel est reçu chevalier des ordres du roi en 1584, et créé, le 31 décembre de la même année, maréchal général des camps et armées du roi.
Ce dernier a pour fils aîné Roger de Saint-Lary de Termes, grand écuyer de France, reçu chevalier des ordres du roi en 1595, et en faveur duquel la ville de Seurre sur la Saône, en Bourgogne, est érigée en duché-pairie, sous le nom de Bellegarde, par lettres patentes datées de Tours, au mois de septembre 1619, registrées le 8 juillet 1620.
Le Grand Ecuyer de France a la supervision et l'administration de l'ensemble de l'Ecurie du Roi. Placé sous les ordres du Connétable, il est directement rattaché au Roi après la disparition de celui-ci. Au départ office subalterne, ce n'est qu'à partir du XVème siècle qu'il commence à gagner un réel prestige. C'est environ à cette même époque que le nom "Grand Ecuyer" vient remplacer celui de "Maître de l'Ecurie".
Le titre de duché-pairie est transféré depuis sur le marquisat de Choisy aux Loges, en Gâtinais, par lettres données à Paris au mois de décembre 1645, registrées le 26 juillet suivant.
Le duc de Bellegarde meurt le 13 juillet 1646, n’ayant qu’un fils naturel, Pierre de Bellegarde, marquis de Montbrun, légitimé en 1628.
JACQUES BATAILHE DE FRANCEZE
Gentilhomme ordinaire du roi…et seigneur de Seurre.
Il acquiert l'héritage du comte de la Marche, à titre onéreux. Il meurt en 1788 et sa sœur, Mme Blondel, hérite du domaine. Elle ne peut en profiter longtemps, la Révolution l’en dépossédant.