Etant jeunes, nous avons tous fait des rêves pour le moins étranges et féériques bien que nous n’en comprenions pas le sens. Arrivé à l’âge mûr, toute la magie et les sentiments incandescents de notre imagination nocturne s’évaporent. Parfois même, le lendemain matin, un voile noir se dresse et il nous est impossible de nous souvenir de nos rêves. L’imagination est une beauté de l’esprit qui se perd, hélas ! Même un artiste peut manquer parfois d’inspiration. Peut-être que vous-même, vous ressentez ce manque d’évasion, et si je vous disais qu’il est possible de vous plonger à nouveau dans le monde merveilleux de l’imaginaire ? Comment ? A travers ce récit, vous pourrez laisser libre cours à votre imagination et, peut être, rêverez-vous à nouveau ?
CHAPITRE I
Voyage vers l’imaginaire
A notre époque, en France, habite une jeune fille de 18 ans nommée Gwen. Cette charmante demoiselle est brune avec de beaux yeux vert pale, elle n’a cependant aucun style vestimentaire particulier, elle privilégie le confortable à l’esthétique. Elle est joyeuse, ouverte aux autres et ravissante. Elle est également une artiste en herbe, une artiste certes, mais en terrible manque d’inspiration. Voilà deux mois que la page reste vierge sur le bureau en bois de sa petite chambre. Rien n’est plus frustrant pour elle que de constater son manque d’inspiration. Gwen est très ouverte, elle puise son inspiration dans tout ! Peintures, sculptures, pièces de théâtres, dessins animés… mais sa muse se trouve dans ses rêves. Hélas Gwen ne voit plus qu’une immensité noire lorsque son corps s’endort. Alors elle ne dessine plus, sa famille lui donne des idées parfois mais ce ne sont que de vagues éclats qui se dissipent au moment même où la mine du crayon frôle le support. Gwen se dit souvent qu’elle devrait dessiner le dernier rêve qu’elle a fait mais il est très flou. Elle se souvient d’une ombre de petite taille sur un vague fond bleu qui lui murmurait : << Un jour, tu trouveras la clé ». Ce matin, au premier jour de printemps, elle se dit : « aujourd’hui commence une nouvelle saison, ce sera aussi un changement dans ma vie ! » Pleine d’espoir, elle s’assoit sur sa chaise et empoigne son crayon. Sa main tremble, son cœur palpite, ses yeux s’activent comme s’ils lisaient son livre des pensées intérieur à la recherche une image à reproduire. Elle reste un quart d’heure ainsi, puis une heure, une heure et demi puis quand vient midi, la pression retombe. « Ce n’est pas vrai ! » se dit-elle, tout artiste, elle y comprit, a eu à faire à la page blanche. Trois jours, oui ! Mais jamais deux mois complets. Désespérée, elle se lève et se laisse tomber sur son lit. Elle regarde le plafond blanc où trône une lampe violette en forme de fleur. Elle se redresse et contemple autour d’elle. Sa chambre est petite mais tout à fait charmante, reflétant parfaitement sa personnalité. Son mur est décoré de dessins divers et de posters manga, deux spots encadrent son lit et servent de lampes, une grosse étagère noire orne le mur de droite et son lit est noir aussi avec une bordure épaisse rouge. L’ambiance de cette pièce est moderne et enjouée, entièrement dans les tons rouge et noir, couleurs favorites de Gwen. Elle descend alors manger, sa mère prépare un gratin de pâtes comme le faisait sa grand-mère. Gwen s’installe et commence à manger.
« -Alors ma chérie ! Ça va un peu mieux ce matin ? » Dit son père.
- je n’arrive toujours pas à dessiner…
Les parents se regardent l’air dépité.
« Et si tu allais te promener ? Peut être que reproduire l’environnement te donnera de l’inspiration. »
- Je n’en suis pas sûre…
- Essaie ! Et si cela ne fonctionne pas, dis-toi que tu auras fait une bonne balade !
- Tu as peut-être raison, je vais essayer.
Gwen finit son assiette, se brosse les dents, enfile son manteau, prend son crayon et son carnet de croquis, se regarde une dernière fois dans le miroir du couloir pour arranger ses cheveux et s’en va. Elle marche en ne sachant pas où aller, regarde les gens passer puis se dirige vers la station de métro. Gwen aime dessiner dans le métro parce qu’elle peut reproduire des gens où des situations qui l’ont bien fait rire, mais là, elle ne trouve personne d’assez intéressant à recopier. Puis son regard se dirige vers un jeune homme de son âge. Blond, les cheveux mi-longs, une peau pâle avec une pointe de pêche, dissimulant son visage derrière des lunettes de soleil et une large écharpe noire, vêtu d’un long blouson noir aux multiples poches, de mitaines en cuir, d’un jean bleu délavé et de baskets blanches avec des bandes noires. Il se retourne vers elle, dévoilant alors toute la magnificence de son visage à l’artiste. Elle reste d’abord quelques instants sans réagir puis se décide enfin à le dessiner sur son carnet. Elle empoigne son crayon, pose la mine sur le support et là, son téléphone portable sonne. C’est sa mère au bout du fil, le train s’arrête et le jeune garçon descend.
« Oui, allo ?
- Ma chérie, tu retrouves l’inspiration ?
- Nan, mais ce n’est pas pour ça que tu m’appelles n’est-ce pas ? Je te connais maman.
- Il fallait que je t’appelle, c’est important… »
A ses mots, Gwen se fige, plus un seul mot ne sort de sa bouche.
« Quoi ? Ce n’est pas possible ! Je rentre tout de suite à la maison ! »
Gwen patiente dans le métro avec inquiétude en attendant l’arrêt le plus proche de chez elle. Après une longue course à pied, elle arrive chez elle.
« - Est-ce que c’est vrai ce que tu m’as dit ? Laure s’est faite enlevée ?!
- Oui, ses parents m’ont contactée, tu sais elle devait venir passer une semaine à la maison ?
- Bien sûr, ils étaient même déjà en route et devaient arriver ce soir.
- C’est exact, ils se sont arrêtés sur une aire d’autoroute faire une pause. Sa mère est allée aux toilettes et son père prendre à manger. Quand ils sont revenus vers la voiture, Laure avait disparue !
- C’est horrible ! »
Gwen a toujours rêvé d’avoir une sœur et Laure est celle qu’elle n’a jamais eue bien qu’elle ne soit que sa cousine. Elle a alors l’impression que le monde s’écroule autour d’elle, le temps est comme ralenti, il n’y a plus aucun son. Elle entend seulement ses pensées qui se bousculent dans sa tête. « Comment va-t-elle ? Qui l’a enlevée ? Pourquoi ? Est-elle vivante ? Est-ce un violeur ? Ou un trafiquant d’enfants ? Ou un simple psychopathe ? Voir peut-être même que cette personne veut demander une rançon sachant que mon oncle et ma tante sont riches ?... ». Son pouls s’accélère, ses yeux s’enflamment, c’est comme si sa douleur s’encrait dans son cœur et dans sa tête. Des pulsations douloureuses se font sentir dans ses neurones, elle se serre la tête en plantant ses ongles dans la chair, elle serre les dents. Gwen commence à avoir la tête qui tourne, ses parents se précipitent pour la consoler. C’est alors qu’elles les repoussent, tout redevient normal. Gwen court dans les escaliers et retourne dans sa chambre, elle ne veut pas qu’on la voie pleurer. Effondrée, elle attrape sa chaise et s’y assoie. Gwen regarde l’immensité blanche de sa feuille et dans un moment de mélancolie, laisse échapper une larme. La goutte tombe avec lenteur et légèreté sur sa joue, puis glisse vers le bas pour enfin se poser sur le papier. C’est alors qu’au contact entre la gouttelette et le support, une petite étincelle apparait. La larme s’éclate sur le papier créant des ondes qui se répandent lentement jusqu’au bord de la feuille. Gwen regarde, émerveillée, avec les yeux scintillants. De la lumière jaillit du papier faisant alors apparaitre le dessin d’une magnifique forêt aux teintes bleuâtres. Elle se penche pour admirer de plus près cette image qui ne peut pas être réelle. C’est alors que les rayons luminescents s’emparent d’elle et la plonge à l’intérieur même de la feuille. Elle voit une immense sphère éblouissante au milieu d’un monde vide, puis perd connaissance.
Gwen ouvre légèrement les yeux, elle est encore trop faible pour se relever. Une douce brise caresse sa joue, elle serre des feuilles bleues dans sa main et se relève enfin. Gwen est dans la forêt du dessin !