-Aussi invraisemblable que cela puisse paraitre, j’ai été à la tête de l’armée de terre lors de la seconde guerre mondiale alors qu’on s’apprêtait à prendre d’assaut le Japon.
-Vous êtes surs, grand père Sam ?
Comme à son habitude Edwin était passé au centre pour retraité où il travaillait pour gagner son argent de poche. Les vieux de cet endroit étaient tous très étrange particulièrement le grand père Sam qui racontait ses prouesses à ses petits fils venus le voir. C’était à peu près à chaque fois une histoire de l’époque de la seconde guerre mondiale tout droit issue de son imagination.
-On ne peut plus sur. Lança le vieil homme à Edwin. Je me souviens lorsqu’ils nous ont envoyé leur super robot de combat alors que nous les combattions sur la plaine d’Hiroshima.
-Hiroshima ? Répéta le jeune garçon de 18 ans, sourire aux lèvres.
Le vieil homme cracha de côté avant de lancer un regard noir à Edwin.
-Ah les jeunes d’aujourd’hui ! S’exclama-t-il avec une pointe de déception dans la voix. Vous ne croyez plus à rien et vous pensez être plus malin que vos pères.
-Je suis navré grand père Sam d’avoir interrompu votre histoire. S’excusa Edwin. J’ai fini et je vais rentrer à la maison. Je vous dis à demain.
-Oui, oui, c’est ça. Répondit le vieil homme en regardant le garçon s’éloigner.
Edwin était un garçon métis né d’un père noir et d’une mère blanche. Il avait perdu son père alors qu’il allait entrer au lycée et depuis, sa mère luttait à son travail pour pouvoir les entretenir son frère et lui. Lui-même avait décidé de travailler pour pouvoir continuer ses études et pour pouvoir soulager sa mère, même un peu, financièrement. Il était très doué et son QI était celui d’un surdoué moyen. Cela lui avait permis de décrocher des bourses d’étude qui lui permettaient de continuer aisément à étudier. Ce matin là leur emploi du temps leur laissait la matinée libre et Edwin était parti travailler un peu au centre. Après quoi, il était reparti immédiatement pour la FAC. Ils avaient quatre heures de chimie avec leur professeur. Celui-ci arriva en retard, sourire aux lèvres. Il était gros et barbu.
-Bonjour les élèves, comment ça va ? Aujourd‘hui nous allons un peu bavarder. J’ai préparé un sujet de discussion très intéressant, l’alchimie. Certains d’entre vous en ont-ils déjà entendu parler ?
Plusieurs étudiants levèrent la main. Edwin somnolant leva aussi la main.
-Bien, parce que c’est ce que nous allons faire ce soir. Déclara le professeur.
Edwin éclata de rire avant de se calmer voyant que personne d’autre ne riait. Géné, il voulu se faire petit.
-Pourquoi riez-vous monsieur Hopkins ?
-Euh… Non pour rien. Répondit le jeune garçon.
-Veuillez partager avec nous votre pensée, n’ayez pas peur.
- Et bien… L’alchimie a disparu depuis bien longtemps. Elle a été jugée et remplacée par la chimie moderne. Plus personne ne pratique cette science.
- Que savez-vous vraiment de l’alchimie ?
-Rien de plus que ce que savent les autres…
-A savoir ?
-A savoir que l’alchimie est considérée comme une science occulte qui voulait associer au monde spirituel, le monde matériel.
-Un peu comme la magie donc ?
-La magie ?
-Oui. Vous êtes donc entrain de nous dire que l’alchimie est une forme de magie, c’est ça ?
-Professeur, vous aurai-je offensé ?
-Non. En vérité tu as raison. L’alchimie a disparu depuis bien longtemps, mais le produit réel issu de l’alchimie que tous connait sans doute est la pierre philosophale. Monsieur Hopkins pouvez vous nous en parler ?
-Euh… Oui. La pierre philosophale devait permettre de transmuter les métaux vils en métaux purs. Mais il n’est pas prouvé qu’elle ait existé un jour. Acheva Edwin souriant.
-C’est vrai. Mais la pierre philosophale devait aussi permettre d’avoir une vie éternelle, hors on sait que Nicolas Fleming a vécu plus longtemps que jamais. Mais il est aussi vrai que Fleming a fini par y passer comme bien d’autres avant lui.
-Professeur ? Intervint un étudiant. Tout à l’heure vous avez parlé de magie, ça existe vraiment ?
-Je ne saurais le dire mais tout porte à croire que non, du moins pas de la manière dont nous le concevons.
-Que voulez vous dire ?
-La magie a été considérée comme une science occulte et était pratiquée par des mages il y a bien longtemps. Mais ce n’était rien de plus qu’un peu de chimie et de physiques associé à une certaine connaissance des plantes. Ensuite avec un peu de prestidigitation et en récitant au hasard des choses on arrive à faire croire à l’autre qu’on a un pouvoir « surnaturel ». Mais les avis diffèrent selon les personnes. Quoi qu’il en soit, tout ce qui n’est pas scientifique est faux.
Une fois rentré à la maison, la tête bourdonnante de fatigue, Edwin se jeta sur son lit. Sa mère et son frère était absent. Son frère avait 15 ans et restait longtemps dehors même après avoir fini son travail. Quand à la mère du jeune homme, elle travaillait dans une teinturerie mais faisait beaucoup d’entretiens pour du travail mieux payé. Edwin se releva, et rejoignit la cuisine où il réchauffa son diner avant de revenir s’assoir devant le petit poste téléviseur qu’ils possédaient. Il ne tarda pas à l’éteindre de nouveau, ennuyé. Après le diner, il lava proprement son assiette et la remis à sa place, puis il monta dans sa chambre pour se coucher.
Le lendemain à son réveil, il trouva son petit frère endormis dans le lit voisin. Sans faire de bruit, Edwin quitta la chambre et descendit au salon où sa mère discutait bruyamment avec l’huissier.
- Laissez-moi quelques jours, je paierai ce que je vous dois, s’il vous plait. Dit la mère d’Edwin.
-Madame, ce n’est pas moi qui prend les décisions, je ne fais que les exécuter, vous savez ?
-Une semaine ou deux, je vous en prie. Voilà une petite avance. S’il vous plait.
-Bien, vous avez quatre jours. Dans quatre jours je reviendrai chercher l’argent au complet, d’accord ?
-Oui, merci.
Elle le raccompagna à la porte et il s’en alla.
-Tu penses pouvoir le payer dans quatre jours ? Demanda Edwin.
-Non. Reprit-elle en soupirant. Je ne pourrai pas rassembler autant d’argent d’ici là.
-Si seulement ils pouvaient attendre ma paye du mois…
-Non, ton argent doit te permettre de continuer tes études. Je ne peux pas t’en priver.
-Si on se retrouve à la rue sans rien, je doute que…
-Ne t’inquiète pas, je vais me débrouiller comme toujours. Ne pense qu’à tes études. Et puis au moins il n’a pas pris l’avance que je lui ai proposée. C’est notre repas et notre diner d’aujourd’hui.
Edwin remonta se préparer pour se rendre au centre. Le vieux Sam dormait profondément comme beaucoup d’autres pensionnaires. Le jeune garçon se mit tout de suite au travail. Il acheva juste au moment où les vieux se réveillaient à tour de rôle comme s’ils s’étaient donnés le mot. Edwin quitta la pension et se rendit chez Carl, celui qu’il considérait comme son meilleur ami. Carl était dans le garage entrain de bricoler des choses.
-Bonjour Ed, viens voir ma machine à propulsion aérienne, allez, dépêche.
-Une machine à propulsion aérienne ? Répéta Edwin en s’approchant des plans qu’il regarda avant de se tourner vers le prototype. Ca va pas marcher ton truc.
-Qu’est-ce que tu racontes ? Répliqua Carl. J’ai refait plusieurs fois les calculs et je peux t’assurer que ça va marcher.
-Tu devrais revoir une nouvelle fois tes calculs, crois-moi. Ici précisément. Dit-il en indexant la feuille de calcul.
-Tu crois ? Reprit Carl beaucoup moins sûr.
Edwin attrapa le crayon de son ami, gomma un calcul complexe et remplit de nouveau la feuille avant d’encadrer son résultat.
-Voilà. Rien de très compliqué. Fit-il.
-Merci mon ami. Je vais tout revoir et reprendre. Repasse vers 5 :00 du soir, on va l’inaugurer ensemble.
-T’es sûr que tu ne veux pas que je t’aide à le reconstruire ?
-Je préfère le faire moi-même, c’est plus cool. Répondit Carl. Et puis n’oubli pas que t’es mon rival. J’ai déjà été battu pour le calcul, si je peux le reconstruire moi-même ce sera une petite consolation.
Edwin ne discuta pas. Indécis sur sa prochaine destination, il quitta la maison de son ami et s’engagea sur la route. Il n’avait pas fait quelques pas qu’il entendit des voix derrières lui. Le jeune garçon fit volte-face mais il n’y avait personne. « Je deviens maboul ou quoi ? C’est surement un coup de soleil ou la fatigue » Se dit-il avant de continuer à marcher, décidé à rentrer chez lui pour se reposer. Les voix reprirent un peu plus fort et il entendit un homme dire : « C’est quoi ça ? ». Edwin se retourna de nouveau. Le paysage sembla flotter comme un mirage, il se frotta les yeux, mais cela n’y changea rien. Brusquement, il y eut un grand bruit semblable à un grondement. Edwin leva les yeux vers le ciel. Une tornade tomba sur lui et il fut pris dans le tourbillon et projeté vers le ciel. Il ne voyait presque rien et n’entendait que le grondement puissant de la tornade. Il fut propulsé hors du tourbillon et se retrouva au-dessus des nuages. Ceux-ci s’étaient rassemblés en un vortex. Les nuages s’illuminèrent et crachèrent des éclairs qui fusèrent tous en direction du garçon qui n’eut même pas le temps de crier ou de réagirent. Il se sentit projeté à vive allure comme si toutes les particules de son corps allaient à la vitesse de la lumière. Le « faisceau de lumière » qu’il formait bifurqua brusquement sans changer de vitesse et commença à serpenter entre ce qu’Edwin prit pour des collines avant de remonter et de descendre. Le jeune garçon sentit tout son corps se tasser avant d’être violemment secoué. Un grand bruit d’explosion lui parvint avant qu’il ne perde connaissance.
Edwin ouvrit les yeux et se redressa brusquement en sueur. Il regarda autour de lui et se rendit compte qu’il n’était pas dans sa chambre.
-Quel cauchemar !
Il se tata le corps. Il était intact et en pleine forme.
-J’ai dû m’évanouir alors que je rentrais chez moi. Quelqu’un m’aura trouvé et ramené chez lui ». Pensa-t-il à voix haute.
Il quitta le lit et se dirigea vers la porte qu’il ouvrit. Il descendit au salon. La maison était luxueusement meublée. On pouvait voir ça et là des fauteuils verts à côté des quels un bocal à poisson abritait environ deux grondins et trois perches. La télé, un téléviseur à écran plat ornait le mur Est de la maison. Le jeune garçon se redit à la cuisine, il n’y avait apparemment personne. Il chercha dans sa poche, sortit un stylo et emprunta une feuille blanche parmi tant d’autres. Le garçon écrivit « Merci monsieur ou madame pour votre aide et votre gentillesse. Je ne peux vous attendre. Je rentre chez moi et je vais bien. Encore merci ». Il plia la feuille et la plaça en évidence avant de partir vers la porte d’entrée. Il l’ouvrit et sortit. Edwin se retrouva en face d’une foule immense qui le regardait fixement. Deux hommes vêtus d’un manteau gris comme des moines fendirent la foule et s’approchèrent de lui.
-Venez avec nous.
-Qui êtes-vous ? Reprit Edwin. C’est quoi cette histoire ?
-Venez. On répondra à vos questions.
Edwin se laissa entrainer par les deux hommes. La foule s’écarta pour les laisser passer. Le jeune garçon leva les yeux vers les environs, il ne reconnaissait rien. Les hommes le conduisirent à travers la foule et ils se retrouvèrent devant un véhicule sans pneu posé à même le sol.
-C’est quoi ça ? Lança Edwin. Dans quelle ville sommes-nous ?
-Vous êtes à Sylville. On vous conduit devant le grand conseil.
On poussa Edwin perplexe et désorienté dans le véhicule sans plus lui expliquer. « Un Kidnapping, c’est sûr. » Se dit le garçon.
2.
Le conducteur posa la main sur un cadran bleu qui s’illumina et s’empara du volant. Le véhicule s’éleva doucement du sol avant de partir en trombe dans les airs, sous les yeux ébahis d’Edwin qui se trouvait de plus en plus désorienté.
-Et…Est-ce…Est-ce que c’est un moteur à propulsion aérienne ? Demanda-t-il craignant un peu d’entendre la réponse.
Les deux hommes restèrent silencieux. « S’il s’agit bien d’un moteur à propulsion aérienne, cela veut dire qu’on ait dans le future et si c’est le cas, c’est sûr que je suis toujours entrain de rêver » Pensa Edwin qui se remémora les paroles de son professeur : « Tout ce qui n’est pas scientifique est faux ». Il y avait donc une explication scientifique à tout ça et c’était à lui de la trouver que ce soit un rêve ou un vrai voyage dans le temps.
La voiture se posa devant un grand immeuble. Les deux hommes invitèrent Edwin à descendre. Le garçon se retourna pour voir la voiture s’élever et partir rapidement. Dans le ciel, de nombreuses autres voitures volaient vers différentes directions. « La voiture s’est élevée doucement sans aucun bruit de vent ou autre. Si c’est bien un moteur à propulsion, alors c’est très bien fait ». Les deux gardes du corps d’Edwin l’entrainèrent vers la porte de l’immeuble qui s’ouvrit à leur approche pour les laisser entrer. Ils ne prêtèrent même pas attention à la réceptionniste et se dirigèrent droit vers une plaque circulaire de couleur bleue et blanche posée à quelques centimètres seulement du sol. Les deux hommes invitèrent Edwin à monter dessus et en firent de même. La plaque se mit à s’élever comme un ascenseur. « Incroyable ! C’est quoi cette technologie de ouf ? » S’émerveilla le jeune garçon. La petite parcelle circulaire s’immobilisa au dernier étage en épousant parfaitement un espace vide fait dans le plancher. Ils venaient d’arriver à un carrefour formé de plusieurs couloirs. Les deux hommes l’entrainèrent à droite, directement vers une porte qui s’ouvrit pour les laisser entrer.
Dans la pièce il y avait cinq hommes vêtus de costumes noirs et élégants. L’un des hommes étaient assis sur un « trône » ; du moins c’est ce à quoi ça ressemblait. Dans un coin de la pièce se tenait une jeune fille qui semblait vouloir se faire discrète.
- Bonjour, jeune homme. Lança l’homme assit sur le trône. N’aie pas peur avance et assieds-toi.
Il fit un geste de la main et une chaise glissa jusqu’à Edwin qui désorienté s’y laissa tomber.
- Je vois que tu es désorienté. Tu ne sais donc pas où nous nous trouvons, je suppose ?
- Est-ce que… Est-ce qu’on est dans le futur ?
- Le futur ? Lança la jeune fille avec un ton dédaigneux. Connais-tu Carl…
- Carl McKinley ? Interrompit Edwin. Bien sûr, c’est mon ami.
- Ca tu vois j’en doute. Lança la jeune fille. Carl Kent est le fondateur de la science moderne. Il fut le premier à trouver une explication logique à la magie.
- La magie ? Répéta Edwin déboussolé.
- Susie laisse moi lui parler. Fit l’homme assit sur le trône. Jeune homme nous nous trouvons dans la plus grande cité de magie du monde, Sylville. Je suis le maitre de cette ville, le Grand-mage. Tu ne connais pas la magie, n’est-ce pas ? Oui, c’est bien ce que nous pensions, tu viens sans doute du Monde Par Delà.
- Quoi ? Fit Edwin.
- Le « Monde Par Delà ». C’est un monde dont l’existence a été révélé par un grand scientifique de notre monde, Samuel Watson. Il a émit l’hypothèse qu’il puisse exister un monde parallèle où la magie ne serait pas la science prédominante. Cependant, voyager à travers les deux mondes étaient terriblement risqués et aucun homme avant toi ne l’avait fait.
- En fait, il y a trois mondes. Lança la jeune fille, Susie. Le notre, le tien et un autre monde se trouvant entre les deux et les séparant. Ouvrir une porte a toujours été impossible.
- Im… Impossible ? Bégaya Edwin. Pourquoi suis-je là alors ? Si ce que vous dites est vrai, c’est que je ne devrais pas être ici, non ?
- Oui, c’est vrai. C’est pas normal que tu sois ici. Fit Susie en rejetant ses cheveux en arrière.
Edwin l’a trouva jolie. C’était une brune avec des yeux bleus brillants. Elle portait un tee-shirt blanc, un jean noir et une cape qui pouvait servir de manteau.
- Nous ne comprenons pas non plus comment tu es arrivé ici, mais une chose est sûre, je doute que tu puisses rentrer chez toi. Donc, si tu n’y vois pas d’inconvénient, tu vas rester dans cette ville. On va te trouver un endroit où dormir, en attendant tu peux rester chez moi. Susie fais le visiter la ville et conduis le ensuite à la maison.
- Mais… Mais papa, je dois aller travailler. Fit la jeune fille en regardant tour à tour Edwin et le Grand-mage qui était apparemment son père.
- Voyons Susie.
- Bon ok, mais c’est parce que je veux entendre parler de ton monde. Allez, viens.
Edwin se leva et partit à sa suite. « Ce n’est pas une blague, n’est-ce pas ? » Dit le jeune garçon. La jeune fille lui jeta un regard dédaigneux sans répondre. Ils empruntèrent ce qui devait être l’ascenseur dans ce monde, la plaque circulaire qui s’élevait sans aucun support.
- Il parait que vous utilisez euh… La magie ? Reprit Edwin.
- Ouais. C’est ça. Chez vous c’est quoi la science qui domine ?
- Je… Je ne sais pas trop. Fit le garçon alors qu’il quittait l’immeuble pour s’engager sur la voie. Chez nous il y a beaucoup de sciences.
- Plusieurs sciences ? Répéta Susie. A quoi ça sert d’en avoir beaucoup ?
- En fait, toutes nos sciences se complètent. Répliqua Edwin avant de lever la tête vers le ciel. Com… Comment ces morceaux de ferraille arrivent-ils à léviter ?
- Ces morceaux de ferraille, comme tu dis, sont des véhicules, des vé-hi-cu…
- Je sais ce qu’est un véhicule. On n’en a aussi sauf que ça ne vole pas. Bien sûr on a les avions mais nos voitures ne volent pas.
- C’est grâce à la magie. Répondit Susie avec un air supérieur. Au fait, donc vous ne connaissez pas la magie ?
- Si, on l’a connait, mais ça n’a jamais été que des histoires. Il n’y a rien de logique dans la magie. On dit que cela est basé sur les « esprits » pouf ! Comment on peut transformer une chaise en gâteau ou vis versa ?
- Tu as parlé d’esprits ? Fit-elle avant d’éclater de rire. C’est vrai, tout est une question d’esprit mais pas d’ « esprits ».
- Que veux-tu dire ?
- Dommage qu’il n’y ait pas eu de Carl Kent dans ton monde. Carl Kent a trouvé l’explication scientifique à la magie après des années d’étude. Toute matière est composée de petits éléments…
- Je connais, les atomes, c’est ça ? Coupa Edwin.
- Non, laisse-moi parler jusqu’au bout. Donc je disais qu’il y avait de petits éléments dans toute matière, encore plus petits que les atomes, nous les appelons les particules magiques. Ils sont à l’origine de la magie, notre science. Seulement, pour les utiliser, il faut faire appel à son esprit.
- Des particules… Magiques ? Répéta Edwin.
- Oui. Regarde.
Elle s’immobilisa et tendit la main devant elle. Edwin l’a vit fermer les yeux et se concentrer. Au bout de sa main, à quelques mètres de sa paume, le jeune garçon vit de petites particules lumineuses se rassembler, doucement pour former un petit caillou à peine plus gros que l’œil d’un homme. Susie tomba sur ses genoux, épuisée.
- Tu vas bien ? Demanda Edwin en l’aidant à se redresser.
- Voilà. Fit la fille en lui montrant le caillou. Ca se n’est rien, il faut faire quelques études pour arriver au niveau des grands scientifiques qui recherchent et repoussent les limites de la magie.
- Des limites ? Il y en a ?
- S’il y en a ? Bien sûr qu’il y en a. Répliqua Susie. Votre science à vous n’a pas de limites ?
- Elle en a même des tonnes. Mais chez nous la magie est une chose censé tout réalisé, jusqu’à réussir l’impossible, notamment de ressusciter des morts.
- Ressusciter des morts ? Cela n’a pas encore été possible malgré tous les grands scientifiques qui ont travaillé dessus. Mais qui sait. On y est.
- Tu n’étais pas censé me faire visiter d’abord ? Fit Edwin en jetant un coup d’œil à la grande bâtisse où il s’était réveillé.
- Je n’ai pas le temps pour ça. J’ai un concours à passer et en plus je pense que tu n’as plus rien à m’apprendre sur votre monde.
Le jeune garçon resta un moment immobile alors que Susie partait déjà à grande foulée. Edwin se demanda ce qu’il pourrait bien faire, seul dans une maison inconnue et dans un monde aussi étrange. Il se détourna de la maison, hésita un moment puis appela : « Susie ? ». La jeune fille se retourna et soupira.
- Tu veux quoi ?
- Je peux t’accompagner là où tu vas ?
- Non.
- Pourquoi, c’est interdit ? Reprit Edwin. Quitte à ce que je reste coincé ici, autant que je m’intègre, tu crois pas ?
Susie soupira encore et reprenant sa progression elle lança : « Viens et dépêche toi ». Edwin ne se le fit pas prier, curieux de voir de quel type de concours il s’agissait. Le batiment dans lequel se rendait était en fait une université dont le nom, écrit sur une pancarte à l’entrée était : Lycée CarlMag. La jeune fille sans un mot entra et se dirigea vers l’arrière de la FAC où de nombreux élèves attendaient dehors.
- Eux aussi ils passent le concours ? S’enquit Edwin.
Susie ne prit pas la peine de lui répondre. Elle se dirigea vers un groupe de trois élèves constitués de deux garçons et d’une fille blonde avec des verres.
- Bonjour les amis. Fit Susie en les abordant.
- Tu as failli arriver en retard tu sais ? Répliqua un des garçons qui avaient les yeux plissés en permanence.
- Je sais.
- Qui est-ce ? Demanda la fille.
- C’est lui qui m’a mise en retard. Répondit Susie. C’est le type venu d’un autre monde.
Tout le monde se tue à l’instant et se tournèrent pour les regarder.
- C’est… C’est lui ? Fit la jeune fille. Il n’a pas du tout l’air d’un homme vert avec une grosse tête.
- Je supposais. Répliqua le garçon qui plissait les yeux.
- Il ne connait pas la magie c’est ça ? Fit l’autre garçon avec une voix grave. Pathétique !
« Pourquoi faut-il toujours qu’il y ait un gars qui se la ramène ? » Pensa Edwin. Susie lui jeta un regard du coin de l’œil et s’assied près de la jeune fille blonde.
- Je vois que vous êtes tous aussi bizarres. Fit le jeune garçon qui sentit tous les regards se porter sur lui. Si je ne me trompe pas, tout le monde peut apprendre votre science, non ? J’ai toujours touché à tout et puisque c’est une science, je ne vais pas me géner.
- Tu crois que n’importe qui peut devenir mage ? Fit le garçon à la voix grave. Tu te mets le doigt dans l’œil. Un simplet comme toi ne pourra jamais le devenir.
- Tu as quelque chose contre moi ? Fit Edwin. Je te parie ce que tu veux que j’apprends ta petite science et que je la maîtrise autant que toi.
Le garçon tendit la paume et souffla dessus, envoyant des flammes sur Edwin qui fit un bond en arrière.
- Arrive seulement à faire ça et tu gagnes. Dit-il avec un sourire en coin avant de se désintéresser d’Edwin.
Susie était restée impassible. Elle lança un regard moqueur à Edwin puis se leva pour suivre les autres dans la salle d’examen.